Les trois plaques d’un groupe électrogène
Un groupe électrogène porte trois plaques signalétiques : celle du moteur, celle de l’alternateur et celle de l’ensemblier qui a assemblé le groupe. Une plaque signalétique est une plaque fixée par le constructeur sur une machine, qui donne son identification et ses caractéristiques assignées. Les trois ne disent pas la même chose.
| Plaque | Qui la pose | Où la chercher | Ce qu’elle apporte |
|---|---|---|---|
| Moteur | Le motoriste (Cummins, Caterpillar, MTU…) | Sur le bloc : cache-culbuteurs, carter de distribution ou flanc du bloc | Référence complète, numéro de série, date, lieu de fabrication |
| Alternateur | Le fabricant de l’alternateur (Leroy-Somer, Stamford…) | Sur la carcasse, souvent près de la boîte à bornes | kVA et kW, tension, courant, vitesse, classe d’isolation, IP |
| Groupe | L’ensemblier (SDMO, Cummins Power Generation…) | Sur le châssis, le capot ou l’armoire de commande | Modèle et numéro de série du groupe, puissance et régime |
Lire la plaque du moteur
La plaque du moteur donne la référence complète du moteur, avec sa variante, son numéro de série, une date et le lieu de fabrication. Chez Cummins, « KTA50-G1 » se lit ainsi : KTA50 désigne la famille et la cylindrée (50 L), G une version pour groupe électrogène, 1 la variante. Un KTA50-G1 et un KTA50-G3 n’ont ni la même puissance ni la même régulation. Notre page sur le rachat de groupes électrogènes Cummins détaille cette lecture.
Le numéro de série situe le moteur dans le temps et désigne son usine ; la date apparaît parfois comme une date de début de garantie.
Les pièges courants
Trois pièges reviennent souvent. Une plaque repeinte avec le moteur : dégagez-la avec précaution ou éclairez-la en lumière rasante avant de photographier. Une variante tronquée, « KTA50 » noté dans un carnet d’entretien : retournez à la plaque. Une plaque de remplacement, posée après un échange standard du moteur : comparez-la au numéro de série frappé dans le bloc, quand il existe, et à la plaque du groupe.
Lire la plaque de l’alternateur
La plaque de l’alternateur donne sa puissance, sa tension, son courant, sa vitesse et ses caractéristiques de construction. Son contenu suit la norme NF EN 60034-1, qui consacre un chapitre aux plaques signalétiques.
| Champ | Exemple | Lecture |
|---|---|---|
| Type | A 50 M5 | Référence du fabricant |
| Puissance apparente | 1 050 kVA | Ce que l’alternateur peut débiter |
| Puissance active | 840 kW | Puissance utile : kVA × cos φ |
| cos φ | 0,8 | Facteur de puissance de référence |
| Tension | 400 V | Tension entre phases |
| Courant | 1 515 A | Courant par phase à pleine charge |
| Vitesse | 1 500 tr/min | Donne la fréquence : 50 Hz |
| Classe d’isolation | H | Tenue en température des bobinages |
| Échauffement | 125 K | Élévation de température admise |
| Indice de protection | IP 21 | Protection contre les corps solides et l’eau |
| Roulements | Graissage toutes les 3 000 h | Entretien à rapprocher du carnet |
| Date | 06-94 | Mois et année de fabrication |
Le facteur de puissance cos φ est le rapport entre la puissance active (kW) et la puissance apparente (kVA). Les alternateurs de groupes électrogènes sont donnés pour cos φ = 0,8 : 1 050 kVA × 0,8 = 840 kW.
La vitesse donne la fréquence. Pour un alternateur à 4 pôles, le cas le plus courant, 1 500 tr/min donnent 50 Hz et 1 800 tr/min donnent 60 Hz.
La classe d’isolation (B, F ou H) est la température maximale que supportent les isolants des bobinages ; H est la plus élevée des trois. L’échauffement est l’élévation de température admise au-dessus de l’ambiante ; 125 K correspond à la classe H. L’indice de protection IP, défini par la norme IEC 60034-5, est un code à deux chiffres : le premier pour les corps solides, le second pour l’eau. Un IP 21 protège contre les doigts et les gouttes d’eau verticales : un alternateur de local, pas d’extérieur.
Lire la plaque du groupe : puissance et régime
La plaque du groupe donne la puissance de l’ensemble et le régime pour lequel elle est garantie. Le régime de puissance est la façon dont un groupe est autorisé à fournir sa puissance, au sens de la norme ISO 8528-1. Trois régimes se rencontrent sur les plaques.
| Régime | Sigle | Usage |
|---|---|---|
| Puissance de secours | ESP | Secours, charge variable, nombre d’heures limité par an |
| Puissance principale | PRP | Alimentation principale, charge variable, sans limite d’heures |
| Puissance continue | COP | Charge constante, sans limite d’heures |
Pour un même groupe, la puissance de secours est la plus élevée et la puissance continue la plus basse. Un groupe affiché « 1 100 kVA ESP » fournit donc moins, en continu, qu’un groupe affiché « 1 100 kVA PRP ».
Deux groupes équipés du même moteur n’ont donc pas la même puissance : la variante du moteur, le régime retenu par l’ensemblier, le dimensionnement de l’alternateur et les conditions du site (altitude, température) jouent chacun.
Exemple commenté : un groupe SDMO à moteur Cummins KTA50-G1
Ce groupe SDMO de 1 050 kVA montre ce que donnent deux plaques lisibles. Ses photos sont reprises sur la page rachat de groupes Cummins KTA50, et le cas complet est décrit dans le cas de reprise d’un groupe SDMO de 1 050 kVA.

La plaque du moteur indique « KTA50-G1 » : famille KTA50, version groupe électrogène, variante 1. Elle porte le nom du fabricant, Cummins Engine Co. Ltd, en Grande-Bretagne, et la date du 13 septembre 1994 dans le champ « Warranty start date » (début de garantie), qui tient lieu de date de fabrication.

La plaque de l’alternateur indique un Leroy-Somer A 50 M5 : 840 kW et 1 050 kVA sous cos φ 0,8, 400 V, 1 515 A, 1 500 tr/min, 50 Hz, classe H, échauffement 125 K, IP 21, graissage toutes les 3 000 h. Les chiffres se recoupent : 400 V × 1 515 A × √3 donnent environ 1 050 kVA. La date 06-94 concorde avec celle du moteur : le groupe a été assemblé en 1994.
Ces plaques ne disent rien des heures de fonctionnement ni de l’état du moteur : c’est le rôle du compteur horaire et des documents d’entretien.
Ce qu’il faut envoyer pour une proposition de reprise
Pour une proposition de reprise, envoyez les éléments ci-dessous. Ils suffisent à ouvrir l’échange technique décrit sur la page rachat de groupes électrogènes d’occasion.
- Les trois plaques : moteur, alternateur, groupe, de face et en entier.
- Le relevé du compteur horaire, en photo, et la date du dernier démarrage.
- Une photo du tableau de commande, voyants et alarmes compris.
- Des photos du local : groupe en entier, échappement, radiateur, réservoir.
- Les accès : porte, couloir, escalier ou trappe, distance jusqu’au camion.
Si le groupe est en panne, décrivez le symptôme avec vos mots. Pour choisir entre revente, remise en état, pièces et recyclage, lisez notre article sur le groupe électrogène en fin de service.
À savoir : cet article décrit une lecture courante des plaques signalétiques. Les définitions exactes sont celles des normes citées en sources, vérifiées le 8 octobre 2026.
Vous avez un groupe électrogène à céder, en état de marche ou hors service ? Envoyez les photos de ses plaques par le formulaire Proposer un équipement ou appelez-nous au 07 84 31 53 32.